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Les Mikea sont les derniers chasseurs-cueilleurs de Madagascar. - © Harilanto Razafindrazaka

Pour commencer, j’aimerais que nous prenions quelques repères. Pour cela nous allons revenir en arrière de plusieurs siècles.
Cicéron dans son « Pladoyer pour Flaccus » nous dit « Sua cuique civitati religio »

que l’on peut traduire en « chaque cité a sa religion » dans le sens la religion concerne : les traditions, les coutumes et les cultes d’un peuple particulier ou des citoyens d’une ville. À cette époque-là, le christianisme se développait et les chrétiens réclamaient qu’il soit considéré comme une religion. Avec des auteurs comme Cicéron, Augustin ou Thomas d’Aquin, la religion pouvait ainsi se comprendre comme une disposition humaine à connaître une nature supérieure, lui rendre le culte qui convient et chercher à agir selon ses lois.

Maintenant, partons beaucoup plus loin et commençons par le commencement, que savons-nous des croyances et des pratiques d’il y a 10 000 ans à l’époque des chasseurs-cueilleurs ? Il y a d’abord une certitude démontrée par les travaux de Mircea Eliade que la structure générale des pratiques chamaniques est à quelques détails près la même sur toute la planète et quel que soit l’époque. Sans aucun doute parce qu’elles ont en commun un rapport avec leur condition de survie propre à leur méthode de vie de que chasseurs-cueilleurs.

La religion traditionnelle malgache fait partis de ce que l’on appelle les religions traditionnelles africaines que l’éthologue français Marcel Griaule décrit comme un « système de relations entre le monde visible des hommes et le monde invisible régi par un Créateur et des puissances qui, sous des noms divers et tout en étant des manifestations de ce Dieu unique, sont spécialisées dans des fonctions de toutes sortes ».

Pendant des millénaires l’homme s’est contentait d’être un chasseur-cueilleur il avait donc des comportements et des rites religieux en relation avec lui-même l’animal et la nature. À cette époque et jusqu’à il y a pas si longtemps l’homme vivait dans un monde considérait comme sacré, car l’œuvre de Dieu. Tous se que l’homme fessait à l’époque que cela soit la chasse, la pèche la cueillette était rituel ainsi que ce que l’on peut nommais aujourd’hui comme activité artistique. Les premières danses étaient des danses rituelles, les peintures préhistoriques des œuvres religieuses. Depuis le début de l’humanité, l’homme a été en phase avec la nature et dans le respect de sa sacralité, car elle est la création de Dieu. Car pour la religion traditionnelle malgache il en est de même, tout est lié à la spiritualité, dans la vie quotidienne, par rapport aux saisons, les événements de la vie (naissance, puberté, mariage, vieillesse, mort). La frontière entre le profane et le sacré n’existe pas.

Le premier grand changement qui s’opéra dans les religions ancestrales fut la découverte de l’agriculture et de l’élevage. Nos ancêtres durent à cette époque-là intégrer une notion, que nous retrouvons encore aujourd’hui dans tous les cultes et religions du monde la fécondité: la fécondité de l’homme, de la terre et de l’animal.
À cette étape de l’évolution, l’homme passe de prédateur de la nature au même titre que les animaux au stade celui de guide, de protecteur, de pilote de la nature. Nous retrouvons ce passage d’un stade à l’autre dans l’histoire du déluge.
Avec l’élevage et l’agriculture est arrivé une deuxième notion essentielle celle du temps. Les hommes se sont retrouvés dans l’obligation de le mesurer pour toutes les actions de sa vie. En cela il s’en est remis à la lune. La lune que l’on retrouve dans toutes les religions monothéistes notamment comme le ramadan ou la Pâques, par exemple, en t’en que mesure du temps.

On retrouve tout cela dans la religion traditionnelle malgache, la seule différence est qu’il n’y a pas ou peu d’écris de l’époque, mais que de la tradition orale pour transmettre ses traditions.

Je vous laisse réfléchir sur une question avant de vous faire lire le prochain épisode : les fady ne sont « ils tous simplement pas l’équivalent des péchés dans les religions occidentales ?

La colonisation des pays, tels qu’ils soient, s’est toujours faite par la tentative de conversion des peuples colonisés vers la foi du livre. Cela est pour moi d’une évidence frappante, car sinon ils leurs auraient admettre que l’inspiration des divers auteurs du livre leur est venue des religions traditionnelles ancestrales. Nul artiste, nul sculpteur, nul auteur n’a pu créer sans inspiration. Les auteurs de l’ensemble des livres de la Torah ont tous écris au plus tôt au III siècles avant Jésus Christ. Posez-vous seulement la question d’où a pu venir leur inspiration à cette époque-là. La plupart des religions de l’époque étaient des religions polythéistes dans tout l’occident, et dans toute la zone Afrique la plupart des peuples y habitant avaient des religions monothéistes. Il est communément reconnue aujourd’hui que l’Afrique et le berceau de l’humanité alors pourquoi ne serait » elle pas aussi le berceau du livre.

Le négationnisme des religions du livre a été simplement pour ne pas reconnaitre cet héritage, cette inspiration du livre envers les religions traditionnelles ancestrales et surtout ne pas avouer que les peuples colonisés était leurs égaux en t’en que créature de Dieu. Il était impossible d’asservir un peuple et de l’esclavager s’il était leur égal. On retrouve dans beaucoup de versets de la Torah des exemples de cette origine africaine, par exemple lorsqu’on lit : Lévitique 11, le verset ou est écris ce que l’on ne dit pas manger et faire, on pourrait croire que c’est de la que viennent les principaux fady, et c’est à partir de ce texte en autre que certain historien hébraïsant affirme les origines juives de beaucoup de peuples africains (dont Madagascar) la réalité est à l’opposé de cela, car il y a des millénaires que les peuples d’Afrique respect tous ou partis de ces interdits.

Oui Madagascar à une religion traditionnelle ancestrale, comme tous les peuples d’Afrique, comme tous les peuples qui ont été colonisés, comme tous les peuples qui ont été mis en esclavage.

« Seul l’enseignement peut défaire ce que l’enseignement a fait ». Jules Isaac