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Au mois de juillet, se tient le « Fanompoabe » ou bains de reliques royales. © Majunga.org

TSIMANATO, Andriamandisoarivo de son nom de posthume, était le deuxième fils d’Andriadahifotsy (Andrianihañinarivo de son vivant) le vrai fondateur de l’hégémonie Sakalava.

Il s’appelait Toedefona durant son enfance et fut changé contre celui d’Andriantsimanatoana, nous retrouvons se mon dans les ouvrages anciens concernant Madagascar et notamment se de Grandidier.

Andriamandisoarivo n’a pas reçu de royaume en partage lors du décès de son père et dû donc faire allégeance à son frère ainé Andriamanetiarivo, Ratrimolahy de son vivant. Profondément blessait dans son amour propre, il obtient le serment de fidélité de 800 guerriers Sakalava et tente d’arracher le pouvoir à son frère. Celui-ci lui fit subir une telle défaite qu’il en fut obligé de s’enfuir. Il décida donc de partir vers le nord avec ce qui rester de son armé et son jeune frère, ils y firent la guerre sans grand succès au Roi d’Ampombitokana « Andrian-Methelage », le seigneur de Methelage (Ampombitokana est devenu le Bombétok des cartes, litt. : où il y a un palmier raphia).

Il s’établit sur un cap, au bord de la mer, où les Antalaotra, c’est-à-dire les habitants de la côte qui sont les descendants d’Arabes, et les Vazimba, qu’on regarde comme la dernière caste de toute l’île, lui causent toutes sortes de vexations et l’entretinrent en de perpétuelles alarmes.
La tradition raconte qu’Andriamandisoarivo fut souvent malade durant cette expédition, mais à peine arrivait-il au cap mentionné tout à l’heure que sa maladie se dissipa comme par enchantement. Alors, le roi réunit son petit peuple pour écouter un discours, qui peut-être résumé ainsi :

« Oh peuple c’est ici que je fus guéri, par conséquent je donnerai à cet endroit le nom de Mahajanga ».

À peine installé, Andriamandisoarivo fait bâtir le doany d’Andrîamisara où furent déposées les reliques d’Andriamisara (son oncle) et d’Andriadahifotsy (son père) qui fondèrent la dynastie des Volamena ou Famille de l’Or.

Nous croyons qu’il ne serait pas superflu de dire ici les insignes royaux d’Andriamandisoarivo, telle que les navigateurs de son temps les ont rapportées.

« Ce roi portait sur sa tête une couronne d’or, dont le haut finissant en pointe était orné de perles. Sur ses épaules, d’un côté, était mise en écharpe une gaze de soie forte claire et, de l’autre, une chaine d’argent passé de même et artistement travaillées, où pendaient un poisson d’argent et un coffret de même nature rempli de caractères et de figures magnifiques. Le reste de l’habit est une robe de soie à grains, ornée de perles et de corail. Un fauteuil d’ébène garni et ouvragé d’ivoire, lui servait de trône et où il ne s’asseyait qu’après avoir ôté et laissé ses sandales près de sou siège. »

En 1708, deux navires appartenant à Frédéric Phillips de New-York et qui venaient, à Madagascar pour la traite des esclaves, passèrent en vue du cap où étais établi Andriamandisoarivo. Ils venaient de Youngowl (Ony Olika ? Lovobé ? note de Grandidier) où les capitaines avaient compté prendre leur cargaison, mais, ayant appris que le vieux roi Andriandahifotsy, qui était un grand ami des Blancs, était mort et que son fils ainé et successeur « Tsimanangarivo » (Ratrimolahy) avait menacé l’équipage d’un brigantin parce qu’il l’avait soupçonné d’avoir empoisonné son père, qui y avait bu tant d’eau-de-vie qu’il en était mort, ils n’avaient pas voulu s’y arrêter et étaient partis en quête d’un meilleur lieu pour faire la traite.

Andriamandisoarivo les ayant aperçus, alluma un grand feu qui attira leur attention et qui fut cause qu’ils envoyèrent sur terre quelques matelots dans un canot, le roi leur fit un excellent accueil et incita les navires à entrer dans la baie, faisant toutes sortes de promesses.
Le 12 août 1708, Andriamandisoarivo reçoit Mr de Champloret que le sieur de la Merveille, embarqué sur l’un des deux navires de Frédéric Phillips, lui envoie pour demander des vivres et entamer des négociations sur la traite des esclaves. Le roi consentit à sa demande, sous réserve toutefois que les étrangers l’accompagnassent en guerre.

Après avoir fourni aux deux navires tous les vivres dont ils avaient besoin, Andriamandisoarivo part en guerre. Il est accompagné de vingt blancs avec leur aide et celle des Vazimba conduits par Bolasily, il s’empara de Trongay (un peu au sud de Mitsinjo) où il fit de nombreux prisonniers parmi lesquels les capitaines eurent l’autorisation de prendre ce qu’ils voulurent, sans rien payer, mais à condition que leurs hommes accompagnent de nouveau le roi et ses sujets dans une seconde expédition ce qui fut accepté. Quelques-uns de ses blancs qui se trouvaient bien sur terre restèrent et aidèrent Andriamandisoarivo à soumettre complètement à son autorité les Antalaotres et les Vazimba, de sorte qu’il devint le roi de tout le pays de Methelage (de la baie de Boina à la baie de Mahajamba).

Andriamandisoarivo revint de cette seconde expédition en 1709, avec plusieurs milliers d’esclaves et de grands troupeaux de bœufs. Les capitaines des deux navires ci-dessus prirent en tout six milles de ces esclaves qui ne leur coûtaient que deux ou trois barils de poudre et quelques fusils, tandis qu’un bœuf valait un fusil, soixante livres de riz, vingt-huit onces de poudre.

Dès lors, Trongay fut considérée par les Sakalava comme lieu maudit et le clan des Bemazava (Les Sakalava Bemihisatra et les Sakalava Bemazava du nord de Madagascar sont plus ou moins assimilés aux Zafimbolafotsy Antankarana) chante même, jusqu’à nos jours, le refrain suivant : « Trongay maha-andevo » (Trongay est le lieu d’esclavage).

« À Madagascar à cette époque, un chef qui a un blanc avec lui est sûr de la victoire, la seule vue d’un blanc, dans l’armée ennemie, jetait le découragement parmi les combattants et les fait fuir avant tout engagement. »

Grâce au trafic intense qui s’effectuait entre les étrangers et les Sakalava du Boina, Andriamandisoarivo a pu acquérir facilement des armes qui lui ont permis de soumettre les Antandrona (Tsimihety), les Sihanaka (établis dans la région du lac Alotra, ces vahoaka ntaolo « peuple d’origine/premier » austronésiens sont à l’origine de la langue malgache commune à toute l’île) et les Manendy (ils vivent d’élevage dans le Tampoketsa une sorte de « no man’s land » entre le pays Merina et les régions du littoral nord-ouest de l’intérieur), ce qui lui a valu une fin de règne tout à fait pacifique.

Après sa mort, une partie de son crâne, de ses canines et de ses ongles, fut ajoutée au reliquaire royal qui servira désormais de centre d’intérêt à la théodicée sakalava. En l’honneur de ce roi, premier fondateur du royaume des Sakalava du Boina, le doany de Mahabo situé à 15 km à l’ouest de Marovoay a été nommé : doany d’Andriamandisoarivo, quoique son corps repose à Trongay.

Note de la rédaction

Le Fanompoa be

Pratique Sakalava vieille de plusieurs siècles, LE FANOMPOA BE est célébré durant une semaine, tous les ans au mois de Juillet, au Doany de Miarinarivo à Mahajanga. Il s’agit pour les sakalava et tous les pratiquants du culte des ancêtres royaux de perpétuer la tradition du « BAIN DES RELIQUES ROYALES » des grands Rois ANDRIAMISARA, ANDRIAMANDISOARIVO, ANDRIAMBONIARIVO, ANDRIANDAHIFOTSY (Andriagnianina), Rois qui ont érigé la grandeur et la fierté du Royaume Sakalava de Boeny.

Moment de vénération, le FANOMPOA BE permet aussi aux participants de manifester leur attachement aux valeurs morales et spirituelles de la société sakalava, de demander la bénédiction et la bienveillance des esprits royaux.

Le FANOMPOA BE se fête au rythme de danses, « antsa » (chants spécifiques sakalava), de veillées, de séances de « tromba » (rituels de possession durant lesquels les esprits des rois et descendants royaux défunts communiquent avec les vivants). Les festivités commencent par le bain des reliques royales proprement dit, précédé par une grande veillée au Doany Miarinarivo, et se terminent par le « Rebika » (journée de liesse durant laquelle on peut voir les 4 grands Rois danser à la façon de leur époque, dans le rite « tromba »).

Source de l'article

1
La dépêche de Madagascar du 29 01 1936
2
Le Royaume Sakalava du Menabe, Jacques Lombard
3
POUVOIR DES VIVANTS. LANGAGE DES MORTS. Jean-François BARÉ
4
La Grande terre Madagascar