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La médecine traditionnelle

A Madagascar comme dans de très nombreux pays dans le monde, la médecine traditionnelle est pratiquée depuis la nuit des temps. Pour aborder le sujet il est d’abord important d’assimiler une partie de la culture malgache.


Pour les malgaches la maladie et la mort n’est jamais considérer comme ayant des causes naturels mais des punitions divines pour des infractions à des fady (interdits), pour la négligence du culte des ancêtres ou des fautes envers la morale. Il arrive parfois que certains maux soient provoqués par des jeteurs de sort.

Tout traitement commence par un dialogue avec les esprits afin de déterminer les causes du mal et pour cela on ira consulter les « médecins devins » (mpisikidy) et les médecins traitants (ombiasy) qui sont aussi des phytothérapeutes (qui soignent avec des plantes). On comprendra donc facilement que tous diagnostique et traitement du mal et conditionné à un cérémonial de sacrifices, de purifications, d’incantations, d’appels aux esprits ou d’exorcisme.
Il sera important aussi de grader à l’esprit, tous au long de votre lecture des prochains chapitres que Madagascar de par sa situation insulaire a eu une évolution propre et que cela soit au niveau de sa faune et de sa flore mais aussi de son peuple.

Avant de vous parler des différentes méthodes pour traiter la maladie dans la médecine traditionnel malgache, nous allons voire d’abord plus en détail qui sont les praticiens traditionnels. Je vous ai déjà laissé entrevoir dans la première partie de l’article qui ils étaient.

Ombiasy

Dans différents textes les fonctions de mpisikidy, d’ombiasy, mpimasy (nous pourrions traduire tous ses termes par : « diseur des choses cachées ») sont les mêmes, dans d’autre elles sont dissocier. Dans cette étude et pour ne pas compliquer la compréhension nous parlerons comme si il ne faisait qu’un et nous utiliserons le terme Ombiasy. L’Ombiasy est l’équivalant du marabout en Afrique. C’est lui qui vas déterminer quelle sont les causes du mal. Pour cela il va se servir du Sikidy.

Le Sikidy est arrivé à Madagascar avec les premiers migrants Arabes vers le XVI siécle. On retrouve la Géomancie un peu de partout dans le monde. En Europe le premier traité de Géomancie a été traduit de l’Arabe vers le Latin vers le XII siécle par un dénommé « Gérard de Cremona » originaire d’un petit village du Nord de l’Italie Sabionnetta. Présence aussi dans de nombreux pays d’Afrique nous le trouverons sous le nom de Fa ou le Gara, en autre. On pourrait aussi dire que le Sikidy et un système de divination par la terre à l’opposé de l’astrologie qui elle est basé sur les étoiles.
Le Sikidy consiste à disposer sur le sol des graines sous forme de tableau, dont certaines parties sont tirées au hasard et d’autres calculées selon des règles précises, dans le but de lire la destinée à travers certaines configurations de graines qui y apparaissent.

Les plus grands dépositaires de cet art qui mêle les mathématiques pour son élaboration et le mental ainsi que la phycologie pour son interprétation sont sans conteste les «Katibo» (prononcer= katib’), dépositaires des «Sorabe» – textes historiques et sacrés du 17e siècle, rédigés en alphabet d’origine arabe – issus des lignées royales Antemoro du Sud-Est de Madagascar. Unification de Madagascar n’aurais jamais pu avoir lieu sans eux.

Andrianampoinimerina et les Ombiasy

Pour illustré cela voici l’extrait d’un texte de Jean-Pierre Randriamampandry :
Ainsi le roi Andrianampoinimerina, souverain de l’Imerina sur les Hautes Terres centrales de 1787 à 1810, fit venir des scribes Antemoro pour initier à l’écriture des enfants de la Cour.
Une anecdote de la tradition orale malagasy rapporte qu’un jour le souverain Andrianampoinimerina demanda à ses conseillers devins de prédire l’avenir politique du pays : «Indro ianareo olon-kendry antemoro,mino aho fa azonareo atao ny milaza ny ho avin’ny fitondram-panjakana, manomboka amin’izao itondrako azy izao, ka mitohy hatrany hatrany».
Traduction : « Comme vous êtes des sages Antemoro, je crois que vous pouvez prédire l’avenir du gouvernement de ce pays, à partir de mon règne actuel et pour les gouvernements qui succèderont.»
A cette question, ils lui répondirent : «Fa ankoatra izao fitondranao entinao izao ry Mpanjaka dia hisy ny fitondram-behivavy, ary aorian’ny fitondram-behivavy dia hisy ny fitondram-bahiny, ankoatra ny fitondram-bahiny dia hisy ny fitondran’ny mpiavy, ankoatra ny fitondran’ny mpiavy dia hisy ny fitondrana sadasada. ankoatra ny fitondrana sadasada, dia hiverina amin’ny tompony ny taniny.Aorianan’izay dia hoentin’ny tompony ny tany ».
Traduction : «O roi, après ton règne, des reines se succèderont au trône. Ensuite viendra l’ère du pouvoir des étrangers. Après le pouvoir des étrangers, viendra le pouvoir des migrants. Après le pouvoir des migrants, viendra un pouvoir sans qualité. Après le pouvoir sans qualité, la terre reviendra à ses ayant-droit et le pouvoir retournera à ses héritiers.»

D’après les connaisseurs de la tradition, ces devins Antemoro ont vu juste si on se réfère au cours de l’Histoire : qui sait quand la dernière étape annoncée se concrétisera ?